Lorsque l’on discute de mobilité dans l’agriculture, c’est plus particulièrement de la maind’oeuvre saisonnière que l’on parle. Ces discussions restent vagues et recèlent plusieurs malentendus. Dans l’agriculture, il n’existe pas de définition uniforme du terme travail saisonnier. Ainsi, dans certains pays, une période d’emploi de huit mois est considérée comme travail saisonnier, tandis que dans d’autres pays, le travail saisonnier se limite à une embauche de trois ou six mois en tant qu’ouvrier lors des récoltes.
Très fréquemment, le travail saisonnier est aussi assimilé au travail migrant. Ceci occulte le fait que, dans de nombreux pays, beaucoup de salariés locaux effectuent un travail saisonnier dans l’agriculture. Suite à l’assouplissement des règles de libre-circulation des travailleurs, il devient de plus en plus difficile de connaître le nombre de travailleurs migrants dans un pays ou au niveau transfrontalier. La non-disponibilité de ces statistiques ne signifie toutefois pas que les problèmes sont résolus. Même après l’ouverture complète des frontières, les travailleurs saisonniers migrants doivent bénéficier d’une protection contre l’arbitraire et l’exploitation.
Les travailleurs et travailleuses provenant de pays tiers forment une autre catégorie de travailleurs migrants qui est en train de se constituer dans l’Union européenne. Jusqu’à présent, leur présence se limitait aux pays périphériques de l’Europe (à savoir des Ukrainiens en Pologne ou des ressortissants sud-américains en Espagne). Ce phénomène se propage toutefois à l’agriculture dans d’autres régions européennes. La proposition de directive de la Commission européenne sur le travail saisonnier en trace la voie.



